« Science sans conscience n’est que ruine de l’Âme »

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« Science sans conscience n’est que ruine de l’Âme » François RABELAIS

Dans les voies initiatiques traditionnelles orientales, le Maître distingue trois catégories d’individus.

– ceux qui sont obtus,

– ceux dont l’intellect est de qualité moyenne

– et ceux qui sont doués d’un sens de la perception aiguë.

Ce sont ces derniers capables de pénétrer les phénomènes physiques et mentaux et leurs causes, qui seuls sont des candidats valables pour recevoir l’enseignement spirituel.

Il ne sert à rien d’ouvrir les portes de l’initiation à ceux qui ne sont et ne seront jamais qualifiés à recevoir.

En Franc-Maçonnerie, seule voie initiatique traditionnelle occidentale, c’est très différent.

A une certaine époque … lointaine … Nous parlions « d’élite » en Franc-Maçonnerie. Mais de quelle élite ?!?

Une élite spirituelle ? Intellectuelle ? De fonction, dans la société impliquant l’aisance financière ou de la possibilité de prendre une place active dans un réseau d’influence ?

Même aujourd’hui il vaut mieux ne pas trop gratter l’écorce …

De toutes façons de nos jours, quelle soit sociétale ou traditionnelle, les critères de choix d’un candidat – enfin quand ils existent – varient considérablement d’une Loge à l’autre, et ce ne sont pas les obédiences qui vont aider à ces choix puisque pour ces dernières, du moment qu’on paye sa cotisation : le reste on s’en moque un peu.

Ce manque d’exigence fondé sur le besoin de survivre pour certaines Loges et de se développer pour les autres, amène à un constat amer : près de soixante pour cent des candidats démissionnent dès la première année.

Preuve que tout d’abord ils n’ont pas trouvé ce qu’ils y cherchaient. Et ensuite preuve que certaines Loges sont incapable d’apporter quoi que ce soit, pas même un réseau de contact agréable et sympathique.

Alors d’Orient à l’Occident ; quand le Brahmâ Sahampati ou Saint Mathieu nous disent : « Qu’elle soit ouverte à tous la porte de l’Éternel » et « Que celui qui à des oreilles entende », que devient cette notion d élite en Franc-Maçonnerie ?

Au risque de choquer tout le monde dans cette très vénérable façon de travailler si particulière qui nous vient d’Écosse, nos critères de choix pour un candidat sont parfaitement identifiés et facile à mémoriser puisque en fait il n’y en a qu’un, indispensable à nos yeux : l’ouverture du cœur.

Qui se concrétise par le premier des « Landmarks » : la croyance en Dieu !

Notre façon de travailler parfaitement égalitaire, est ouverte à tous, ce qui explique le brassage sociétal particulièrement marqué au sein de ses membres en Écosse.

Notre enseignement oral dans la maîtrise du « par le cœur » s’adresse directement au ressenti, au sens de l’observation et de la méditation et donc au cœur du Maçon et non à son intellect – encore moins à son porte monnaie.

Nos pratiques sont empreintes de liberté, car l’esprit de l’enseignement n’est pas d’apprendre aux jeunes, mais bien de leur indiquer les moyens d’apprendre et de découvrir les préceptes de l’enseignement par eux-mêmes.

Seule est vivante la vérité que nous découvrons par nous même et la transmission n’est possible que si nous avons quelque chose à transmettre.

C’est bien ce que ceux qui se contente de lire les rituels sans les pratiquer intimement, et d’une façon répétée, ne comprendrons jamais.

Et ce qui explique que la Franc-Maçonnerie reste obscure pour les profanes malgré leurs découvertes préalables via l’ internet.

Bien obligé de constater qu’à ce jour ; et plus particulièrement en France ; la Franc-Maçonnerie s’est confectionné des règles et des usages qui n’ont rien de Maçonnique, et que dans leur ignorance, leurs membres égarés soutiennent avec âpreté que leur pratiques absurdes sont de la pure orthodoxie.

Régulièrement on entends parler d’influence de la kabbale ou de l’alchimie …

Ou pire de la capacité à influencer nous mêmes la vie profane.

Dégénérescence … Décadence … Pourquoi appeler ces pratiques de la Franc-Maçonnerie, puisque cela n’en a plus ni le goût ni l’odeur ?

Parce que il n’y a plus que le nom qui attire et relie dans certaines Loges.

Alors prenons conscience !

Point numéro Un : Restituer son rituel au part cœur.

Le premier pas de notre chemin Maçonnique est de sortir de l’engourdissement de l’habitude.

L’activité de construire une planche est une illusion Maçonnique.

Sa communication en Loge apporte, certes, une satisfaction personnelle, mais n’apprends rien, ni sur ce que nous sommes en réalité, ni à ceux qui écoutent passivement le travail.

Tandis que nous mettre en difficulté par cette voie d’apprentissage qu’est le « par-cœur » ouvre notre esprit et aiguise nos sens.

L’énergie mise en œuvre par cet apprentissage solitaire est considérable et se cristallise ; ou même on pourrait ajouter, « se libère »  dans la restitution des textes, les yeux dans les yeux et de cœur à cœur !

Point numéro Deux : La lettre tue l’esprit.

La restitution de son rituel à l’oralité, à l’inverse de la lecture, favorise l’interprétation.

Celui qui donne l’enseignement en Loge ouverte reçoit tout autant de sensations que celui qui reçoit. Et ces sensations rendent le rituel vivant.

Plus encore ce rituel devient unique. Surtout si chaque cérémonie est réservée à un candidat unique.

L’enseignement Maçonnique varie ainsi à chaque cérémonie grâce aux interprétations légèrement différentes de chacun des intervenants. Ce n’est plus une méthode totalement et strictement ordonnée, mais cela consiste plutôt en la réunion de théories individuelles qui misent ensemble, fournissent à tous une clef unique de compréhension.

Par ailleurs la répétition des cérémonies permet de « devenir » réellement le rituel et l’enseignement qu’il contient.

Que penser d’une cérémonie que l’on voit une fois tous les trois ou quatre ans , souvent avec plusieurs impétrants , sinon que le message ne risque pas d’être compris par qui que ce soit ?

Grâce à l’oralité – dans ce cadre si particulier qui consiste à se lever, se déplacer et se forcer à restituer un enseignement, la personnalité propre du Frère récitant disparaît. Encore une fois nous « devenons le rituel » et ce détournement de soi permet une compréhension spontanée tout à fait exceptionnelle.

Nous ne dénigrons pas l’érudition, que nous apprécions particulièrement lors de nos échanges – aux agapes à minima – mais dans notre façon de travailler c’est l’action qui prime, et travailler à l’oralité avec conscience, c’est vraiment : « se mettre en action ».

Point numéro Trois : De la conscience à la connaissance.

Toute action provoque une réaction et toute débauche d’énergie, suite à cette mise en action, produit en elle même une graine, une semence, dans l’esprit des participants.

Graine qui ne demande plus qu’à croître alors en toute liberté.

Comme le gland ne demande qu’à devenir un chêne, et le grain de blé qui n’aspire qu’à se multiplier.

C’est la mise en action – mise en mouvement – et pourtant si fugitive, qui appelle d’autres mise en mouvement et qui appelle par cette action, devenant par rebond ou résonance quasi perpétuelle, à voir plus loin que les apparences – observation et méditation – jusqu’à la connaissance de l’enseignement.

Celle qui est au-delà des écrits .

Que penser de ce Franc-Maçon qui malgré ses 20 / 30 / 40 années de Maçonnerie ou lui ont étés prôné : la charité, l’amour fraternel l’ouverture d’esprit … et qui dès le lendemain de sa tenue n’a de cesse de critiquer ses propres Frères de Loge ?

A minima qu’il ne s’est vraiment pas mis en mouvement lui-même ou que décidément notre enseignement n’a pas grand intérêt.

Pour que les vertus et leurs pratiques deviennent une réalité elles doivent êtres spontanées et instinctives. Si l’on se force c’est peine perdu.

De même, notre enseignement doit être connu et partie intégrante de notre être.

C’est la connaissance des préceptes Maçonniques – c’est à dire le fait de « posséder dans son être » ce savoir qui fait la différence ; qui permet de sortir du monde de l’illusion, des constructions mentales que l’esprit passe son temps à nous créer comme des barrières nous empêchant de nous connaître donc, et surtout de posséder intimement les vertus.

Point numéro Quatre : La liberté !

Que l’on soit lié à qui ou quoi, que ce soit par une lourde chaîne en acier, ou par une légère et délicate chaîne en or … nous ne sommes pas libres !

L’activité désordonnée de l’esprit est en soi une chaîne.

Notre travail Maçonnique dans l’apprentissage et la restitution des cérémonies est un moyen d’ordonner notre esprit. Et de comprendre que nous sommes tous particulièrement encombrés de pensées qui parasites notre esprit.

Nos expériences, nos frustrations, nos colères, à la fois dans nos relations avec les autres et dans notre vie quotidienne, polluent notre bien être et font de nous des êtres aigris, coléreux et peu ouverts aux vertus que pourtant nous clamons comme « nôtres ».

Tout alourdi notre quotidien, renforce notre vanité et nous empêche d’êtres « nous mêmes » à l’instant présent.

Le travail quotidien et répété de l’apprentissage du rituel « par le cœur » nous renvoie à notre propre insignifiance, nous libère des pensées parasites.

C’est en quelque sorte une méditation forcée.

Mais cette méditation ne nous renvoie pas à un vide absolu, mais, bien au contraire nous permet enfin, vidés de tout ce qui est inutile et contre productif, de nous emplir de cette sagesse millénaire contenue dans nos rituels.

Et mieux encore, de saisir à bras le corps notre liberté – comme il est dit dans nos rituels – d’agir par le corps et l’esprit là ! Maintenant ! Pendant que nous en avons encore le temps.

« Car viendra le temps ou nos infimes différences disparaîtrons »

En guise de conclusion :

Ne pourrait-on pas considérer que le pseudo travail intellectuel nous emplit de connaissances qui ne nous servent qu’à croire que nous sommes des individus sachants, donc importants.

Tandis que le travail du « par le cœur », en nous rendant libres, nous ouvre toutes les portes d’une existence bienheureuse :

Ici !

Et Maintenant !

Car je suis que je suis !